Tant qu'il y aura de l'argent…

Il n'y aura pas assez pour tous le monde

Comme indiqué à la fin de la notion « qu’est ce que c’est… La plus-value », on peut diviser celle-ci en deux grandes catégories :

  • La plus-value absolue

  • La plus-value relative

Dans les deux cas, c’est nous, les prolétaires, qui produisons la plus-value par notre travail.

Pour comprendre la division en deux catégories, il faut prendre l’exemple d’une journée de travail :

Revenons donc à Dominique, qui travaille dans une usine de montres de luxes.

Sa journée de travail est de 8h .

Sur ces 8 heures, le travail nécessaire à la formation d’une valeur suffisante pour lui payer son salaire, sera par exemple d’une heure pile. Les 7 heures restantes, la valeur créée par le travail que fournit Dominique va au patron.

Bien sur, le patron ne se met pas tout dans la poche : il doit payer les matières premières, rembourser les frais de machines. Il utilise pour cela une partie de la plus-value. C’est ce qui fait qu’on différencie la plus-value du taux de profit. Mais ce n’est pas l’objet de cet article…

Disons juste que les matières premières, comme les machines, sont censées être la propriété du capitaliste, mais qu’il paye tout ça grâce à la plus-value, sur le travail des salariés…

Donc, pour revenir à la plus-value. Sur les 8h de taf, 7 sont gratuites, une seule sert à payer le salaire.

Un moyen très simple d’augmenter la plus-value va consister à augmenter le nombre d’heures travaillées, sans augmenter les salaires : si Dominique bosse 10h au lieu de 8, tout en étant payé pareil, alors la plus-value augmentera de près de 30% !

C’est ce qu’on appelle la plus-value absolue. C’est la base même de l’exploitation, et historiquement, c’est la première. Ainsi, l’augmentation continue de la journée de travail a permis aux capitalistes du XIXè siècle de faire un max de capital.

Mais on ne peut pas augmenter la journée de travail au delà d’un certain point : il faut bien dormir, manger… il y a une limite biologique. A cette limite biologique se rajoute une dimension sociale, de lutte: celle de l’acceptation, ou pas, d’une journée de travail de 14 heure. Mais ceci est une autre histoire, dont nous parlerons dans la troisième partie de cet exposé sur la plus-value!

La solution pour les capitalistes, consiste à nous faire bosser plus intensément, pendant la même durée de travail : au lieu de produire 100 montres en 8h, Dominique va en produire 150.

C’est ce qu’on appelle la plus-value relative.

Le taylorisme, par exemple, qui est un mode d’organisation du travail attribué à C.Taylor, s’inscrit dans cette perspective. On va chronométrer les gestes des prolos, tenter de les faire aller le plus vite possible. On va augmenter les cadences, mette en place des quotas de production…

Bien sûr, l’objectif n’est jamais uniquement d’augmenter la plus-value : il s’agit toujours de le faire en rappelant aux prolos qui est le maître. C’est pile poil le principe du taylorisme, où la journée de travail est marquée par la répétition abrutissante des mêmes gestes.

Aujourd’hui, le taylorisme s’est répandu partout : dans tous les tafs, il y a des quotas, des cadences : même chez les employés de bureau, ou dans la restauration !

Categories: Notions

4 commentaires publié.

  1. Bernard Henry L'évier dit :

    Et si je bosse dans l’associatif, que mon salaire vient de subventions régionales et de l’UE… Pas de plus-value ni de surtravail. Chouette alors ch’suis pas exploité !?
    Ou alors c’est moi l’exploiteur, vu que le pognon des subsides y doit surement venir de la sueur du front populaire d’un prolo. Chic alors, je change de classe! Me voila bourgeois cossu payé grassement 1000 euro net par mois.
    Il doit surement avoir une entourloupe quelque part…
    Oh oui onc’ Rataxès, explique moi donc où c’est quelle est l’embrouille ?

  2. A.D. dit :

    L’embrouille c’est peut-être que l’évier est bouché, Bernart Henri, mais faut pas pleurer l’enfant s’est juste perdu;
    Par exemple, un prof., par exemple, une infirmière (ou le vice versa, hein?), un balayeur municipal, une employée dans la restauration scolaire…D’où sort le pognon pour les payer ? Et comment se fait-il qu’en Grèce, for instance, le personnel d’un ou de plusieurs de ces secteurs ne soit plus payé depuis des mois (cas d’une partie du personnel hospitalier) ? C’est que le pognon sort dans ces cas là d’une dotation budgétaire (pareil pour les associations loi 1905), qui prend le fric là où il se trouve budget de l’état: taxes, impôts en tout genre, donc évidemment prélevés sur la consommation (TVA, taxe sur les carburants….), c’est à dire sur le salaire, et sur le capital éventuellement, foncières, droits de douanes, etc…. Tout ce fric est réparti entre les ministères, voilà. Idéalement, ça roule, sinon l’état se fait prêter par les banques, et c’est ce qui s’est passé, puisque les états n’ont plus la possibilité d’une politique économique nationale (voir: TC la restructuration), résultat présentement c’est le tour de vis pour purger ces dettes, les secteurs concernés sont voués à la disparition/privatisation et à la précarisation comme l’ensemble du prolétariat. Ces secteurs non-productifs de plus-value, touchent à la reproduction du prolétariat et les salariés de ces secteurs sont souvent des salariéEs (santé, social, éducation), vu qu’il n’ont pas plus que les autres prolétaires de moyens de subsistance et de reproduction, ce sont qui en douterait?,des prolos, comme ceux de la sphère et des secteurs productifs, ou bien ceux/celles qui bossent dans la circulation (distribution, vente, logistique).
    Donc, prends le comme tu veux, L’évier, tu en es.
    Le fait est que tous ces secteurs sont interdépendants et que l’extraction de sur-travail est la clé de voûte de l’édifice capitaliste.
    Etre exploité signifie dans ces cas là faire de plus en plus, travailler pour deux,se faire imposer des rendements,se faire noter en fonction des résultats, etc pour finalement quelques billets par mois. On voit pas les biftons, direct dans le trou du compte en banque.
    Rataxès était pas là, j’ai répondu.

    • wil dit :

      La plus-value relative renvoie non seulement à l’intensification du travail du salarié (par le management et l’organisation), mais aussi aux procédés techniques qui permettent aussi bien d’augmenter le surtravail relativement au travail nécessaire.
      wil

  3. […] Qu’est ce que c’est… La plus value 2: relative et absolue […]

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